La mise en scène est probablement la partie la plus difficile à gérer pour un comédien amateur. Un comédien sait de lui même, dès les premières répétitions, ce qu'il sera capable de faire, d'améliorer, mais se fixera rapidement des limites qui pourront même le faire renoncer.
Le metteur en scène a la lourde responsabilité de la mise en valeur de la qualité de l'oeuvre. Il doit avoir une notion de l'esthétique, de la crédibilité du décor par rapport à l'action, de la facilté de mouvement dans l'espace de la scène. L'amateur débutant devra s'en tenir à des règles simples. Il devra aussi prendre en compte le fait que les comédiens qu'il dirige sont aussi des amateurs.
1) la lecture à l'italienne : Lorsque la pièce est choisie, il convient de distribuer les rôles. Il faut donc tenir compte de l'âge, du sexe du comédien, de ses capacités à tenir un rôle important et de ses possibilité à apprendre un texte imposant. Si l'aspect physique correspond au besoin, c'est encore mieux, mais il est souvent difficile de réussir à obtenir une satisfaction totale dans les domaines cités. La lecture à l'italienne se déroule autour d'une table. Le metteur en scène distribue ou rappelle les rôles et la lecture commence. Il est indispensable que chaque comédien dispose d'un texte. Toute la pièce sera lue et il pourra se faire une première idée des suites à donner, à savoir si il peut continuer comme prévu ou s'il est nécessaire de modifier la distribution. En effet, souvent à la lecture, on se rend compte que tel intervenant serait meilleur dans un autre rôle. On peut, pendant cette lecture, interchanger les rôles de façon à avoir une idée précise du jeu de chacun.
2) L'apprentissage du texte : Il est impératif que les comédiens n'aient pas leur texte sur scène. Cependant, lors des premières séances, on sait bien que le comédien n' a pas eu le temps d'apprendre une quantité importante de répliques, et dans ce cadre, on pourra quand même l'accepter, en mentionnant toutefois que c'est provisoire et que cela ne pourra pas perdurer, sauf bien sûr lorsqu'un comédien en remplace un autre, en cas d'absence.
3) Les entrées et sorties : Le côté "jardin" est celui qui est à gauche lorsqu'on fait face à la scène. le côté 'cour" est du côté droit. Il est également possible de créer des accès dans le décor par le fond de la scène. C'est évidemment la pièce, elle même, qui définit ces besoins
4) Le positionnement sur scène : le metteur en scène devra toujours faire en sorte d' occuper tout l'espace, en plaçant les personnages de façon harmonieuse et de telle façon que le plus souvent, les comédiens ne tournent pas le dos au public. Il faut également éviter les situations trop statiques et faire en sorte que les comédiens se déplacent, mais que ces déplacements soient cohérents par rapport au texte, à l'action, et à la situation des personnages
5) Les traits de caractères :C'est l'application de ce qui aura été travaillé en execices. Il est évident que le visage a une importance capitale dans le jeu et, comme dans la vie, il aura l'aspect qui convient, en fonction de la réplique. La palette est immense, et les situations différentes. Si la tristesse ou la joie sont faciles à représenter, Il faut aussi pouvoir être méprisant quand il le faut, emprunté, idiot ou cynique ... suivant le rôle. Le metteur en scène devra beaucoup insister sur cet aspect et pas seulement pour celui ou celle qui donne la réplique, mais aussi pour ceux qui l'écoutent
6) Le geste : Le mime que l'on travaille en exercice doit être un élément moteur du comportement du comédien sur scène. Pour l'amateur, il est important de ne pas trop en faire. On tombe souvent dans la carricature et le jeu en devient ridicule. Il vaut donc mieux rester naturel, s'efforcer d'avoir les mêmes gestes que dans la vie de tous les jours, à moins bien sûr, que le rôle ne l'impose. L'expression "joindre le geste à la parole" n'est pas ici le bienvenu. Il n'est pas nécessaire de mimer chaque réplique car le public n'est pas forcément idiot et doit comprendre normalement ce que dit le comédien. Par contre, l'attitude générale devra correspondre au personnage. Qu'il soit timide ou coléreux, ou espiégle, le metteur en scène devra indiquer pour chaque personnage le bon geste, la bonne posture. Là, il doit forcer le talent du comédien, en insistant jusqu'à ce qu'on obtienne l'attitude voulue.
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